(c) Tous droits réservés Revista Holón 2026

Ce travail est disponible sous licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.
Cet essai universitaire part d'une question fondamentale : comment les enseignants peuvent-ils cultiver l'humanité s'ils ne maîtrisent pas pleinement le langage ? À partir des résultats d'une recherche menée dans le cadre de la formation des enseignants à Cuba, une tension profonde se manifeste : si les enseignants reconnaissent théoriquement la valeur d'une communication assertive, dans la pratique quotidienne en classe, persistent des pratiques communicationnelles unidirectionnelles, marquées par la crainte de la contradiction et la difficulté à instaurer un véritable dialogue pédagogique. Cet essai défend une thèse ontologique : la communication assertive n'est ni une technique ni un artifice de l'enseignement professionnel ; elle en est l'essence même. Les enseignants n'enseignent pas la communication ; ils communiquent, et par cet acte, consciemment ou inconsciemment, ils façonnent une manière d'être au monde. S'appuyant sur les fondements de l'approche historico-culturelle et sur la théorie de l'éducation avancée, ce texte passe de données empiriques à une réflexion philosophique sur la nature formatrice de l'acte éducatif. Il apparaît donc que l'amélioration des performances professionnelles dans les écoles de formation des enseignants exige des stratégies qui dépassent le simple cadre pédagogique et touchent à la dimension existentielle : former un enseignant à l'écoute, qui questionne, qui reconnaît l'autre comme un interlocuteur légitime. Une école de formation des enseignants ne peut se complaire dans le silence du monologue.